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Ségur-le-Château

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Type de lieu

Village

Époque

Médiévale (Xe–XVe s.), Renaissance (XVe–XVIe s.)

Région

Nouvelle-Aquitaine

À propos

Dans un méandre de l’Auvézère, à la croisée de la Corrèze, de la Haute-Vienne et de la Dordogne, Ségur-le-Château s’impose comme l’un des villages les plus intacts du Limousin médiéval. Ses ruelles pavées bordées de maisons à colombages, ses toits en ardoise pentus, ses tourelles sculptées et ses façades ornées de meneaux Renaissance dessinent un tableau que les siècles ont épargné. Le nom dit tout : Ségur vient du latin securus — lieu-sûr. C’est ici que les vicomtes de Limoges ont posé les fondations de leur puissance, probablement dès le Xe siècle, sur des fondations gallo-romaines plus anciennes encore.

Sur son éperon rocheux de gneiss surplombant la rivière, le château de Ségur a tout d’un livre de pierre. Les fouilles archéologiques menées depuis 2020 en révèlent la biographie couche par couche : une tour du XIIe siècle d’abord, autour de laquelle la petite enceinte vicomtale s’organise ; puis au XIIIe siècle une deuxième tour ; au XVe siècle un nouveau palais vicomtal sur la face ouest, avec sa chapelle Notre-Dame et son logis Renaissance dans la cour. C’est dans ces murs, en 1469, que naît Jean d’Albret, futur roi de Navarre  et arrière-grand-père d’Henri IV. La légende ajoute que le roi de Navarre lui-même y aurait passé une nuit. Richard Cœur de Lion aussi a foulé ces chemins : Ségur est sur sa route historique.

La grandeur du village ne tient pas qu’au château. Entre le XVe et le XVIIIe siècle, Ségur est le siège de la Cour des Appeaux des vicomtes de Limoges — une cour d’appel dont la juridiction s’étend sur 361 justices seigneuriales en Limousin et Périgord. Cette fonction judiciaire attire avocats, notaires et officiers de justice qui font construire les superbes demeures que l’on voit encore aujourd’hui : le logis Tour Saint-Laurent, la maison Tour du Guet, la maison Henri IV avec ses tourelles rondes, ses encorbellements, ses escaliers à vis et ses cheminées monumentales. La prospérité dure jusqu’en 1750. Depuis, le village s’est figé dans son jus médiéval — un bonheur pour les amateurs de vieilles pierres.

Le château, longtemps envahi de ronces et inaccessible, a connu en 2025 une renaissance remarquable. Ses nouveaux propriétaires — Astrid Verspieren, paysagiste et éleveuse, et son mari architecte et vigneron  ont ouvert les vestiges au public pour la première fois depuis les fouilles. La visite est libre, accompagnée d’un guide écrit par l’historien Christian Rémy. Un musée et une salle de projection présentent les découvertes archéologiques, et les fouilles sont elles-mêmes ouvertes au public en été. Sur les murs de gneiss, la propriétaire confie son émotion : « J’ai en tête ces familles qui vivaient ici. L’émotion est très forte. »

En dehors du château, le village se parcourt librement toute l’année. Les visites guidées de l’Office de Tourisme s’organisent en été. Chaque lundi soir en juillet-août, le Marché des Producteurs de Pays réunit porc cul noir, truites, viandes limousines et vins dans une ambiance de fête villageoise. À ne pas manquer également : le domaine du Chédal, jardin remarquable avec cabane dans les arbres et sculptures contemporaines, et les Plaizentins — une trentaine de petites figurines en argile créées par la sculptrice Dominique Plaize, cachées aux fenêtres et façades du village.

Informations

Région

Nouvelle-Aquitaine

Type

Village

Époque

Médiévale (Xe–XVe s.), Renaissance (XVe–XVIe s.)