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Château des Arcis

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Type de lieu

Château

Époque

Fin Renaissance (fin XVIe–début XVIIe s.), remaniements début XIXe s.

Région

Pays de la Loire

Adresse

Château des Arcis, 53170 Meslay-du-Maine

À propos

Dans le sud de la Mayenne, à mi-chemin entre Le Mans et Laval, le château des Arcis surgit au bout d’une allée comme un tableau de la fin de la Renaissance : ses douves en eau reflètent les façades, le donjon carré de quatre étages coiffé d’une toiture en contre-courbe d’ardoise, le Grand Bâtiment des Servitudes flanqué de son colombier. La silhouette est celle d’une forteresse médiévale, mais l’esprit est celui d’une demeure de plaisance raffinée  c’est précisément l’ambiguïté voulue par son constructeur.

C’est Charles de Cervon, chevalier de l’ordre du Roi et gentilhomme ordinaire de la cour d’Henri IV puis de Louis XIII, qui donne aux Arcis son visage actuel entre 1575 et 1622. Vétéran des guerres de religion, il choisit de conserver le plan carré entouré de douves de la forteresse médiévale antérieure — non par nostalgie militaire, mais comme affirmation de puissance , tout en y ajoutant les ornements souriant de la fin de la Renaissance : frontons, corniches raffinées, galerie, jardins formels à l’arrière. À l’angle de la cour, le donjon garde son rôle ostentatoire avec sa petite porte basse cloutée, ses traces de herse, et cette toiture à contre-courbe si caractéristique. À sa mort, son fils René fait ériger les Arcis en baronnie vers 1629, par lettres de Louis XIII.

La suite de l’histoire des Arcis est une galerie de personnages romanesques. En 1685, la terre entre dans la famille de Montesson par le mariage d’une arrière-petite-fille de Charles avec le marquis Jean-Baptiste de Montesson, chevalier de Malte. Son fils Jean-Baptiste II épouse à 70 ans une jeune fille de dix-huit ans — et meurt sans descendance. Sa veuve, la marquise de Montesson, quitte alors les Arcis pour Paris, où elle devient l’une des femmes les plus en vue de son siècle : femme de lettres, elle tient un salon brillant et épouse en secret Louis-Philippe d’Orléans, cousin du roi Louis XVI  une union morganatique qui fait scandale mais qu’elle maintient jusqu’à la Révolution, suscitant même le respect de Napoléon Bonaparte. Les Arcis sont alors vendus pour la première fois.

L’histoire se poursuit avec Arsène Avril de Pignerolle, qui revient d’émigration en Angleterre après la Révolution et engage un deuxième cycle de travaux. C’est lui qui fait remplacer le pont-levis par le pont dormant actuel, abattre les murs de cour, et construire l’élégante orangerie de style Trianon avec son toit à galerie en claustra et sa décoration aux faisceaux de licteur  motif typiquement révolutionnaire, signe d’un temps nouveau. Il importe également d’Angleterre la technique des moulures en carton-pierre pour décorer les salons.

Depuis 2007, les propriétaires actuels ont entrepris une importante campagne de restauration tant des jardins que des bâtiments. Le parc dessiné par Charles de Cervon — jardin d’agrément aux broderies de buis, canaux, étang, roseraie et île labyrinthe  a été entièrement restauré et replanté en 2009-2010. Une grange abrite une charpente de type Philibert Delorme. Le château est ouvert du printemps à l’automne (du vendredi au lundi), avec visites libres, parcours énigmes pour enfants sur le thème d’artagnan, et expositions d’art contemporain dans l’orangerie et les granges restaurées. Tarifs : 7 € adulte, 4 € enfant, 20 € famille.

Informations

Région

Pays de la Loire

Type

Château

Époque

Fin Renaissance (fin XVIe–début XVIIe s.), remaniements début XIXe s.

Adresse

Château des Arcis, 53170 Meslay-du-Maine