Il y a dans le Bourbonnais des châteaux que l’on découvre au détour d’un chemin, comme une évidence. Beauvoir est de ceux-là. Dressé sur sa colline qui domine la vallée de la Besbre, à deux kilomètres au sud du bourg de Saint-Pourçain-sur-Besbre, il offre une vue à 360 degrés sur les bocages tranquilles de l’Allier, entouré de ses douves sèches et de ses jardins à la française comme d’un écrin taillé sur mesure.
Les premières fondations remontent à la fin du XIIe siècle. Beauvoir naît comme poste militaire fortifié, planté sur une motte qui domine la vallée emplacement stratégique, comme en témoigne la vue dégagée sur tout l’horizon environnant. Les deux bâtiments carrés flanqués de tours ainsi que les huit cheminées monumentales qui ornent encore les intérieurs datent du XIVe siècle. C’est à cette époque que Beauvoir acquiert son vrai visage de forteresse, au cœur des turbulences de la guerre de Cent Ans. Les Anglais s’en emparent et en font le pivot de leur occupation entre Moulins et la Loire. Le château n’est repris qu’avec force par les troupes de Louis II de Bourbon, qui rend à ces terres leur caractère français. Au XVe siècle, les seigneurs de La Fin entreprennent une grande reconstruction qui transforme la maison forte en gentilhommière, et la seigneurie sera finalement érigée en comté en 1762.
La question des jardins mérite qu’on s’y attarde. À l’origine, Beauvoir n’avait rien d’un château de plaisance c’était une position de guerre. C’est lors des aménagements du XVe siècle que les premiers jardins voient probablement le jour, comme en témoigne une patte d’animal en pierre retrouvée dans les douves lors de travaux, et une magnifique orangerie du XVIIe siècle, longtemps murée. Au XIXe siècle, la famille des propriétaires actuels commande à Monsieur Treyve — paysagiste renommé de l’époque — la création d’un jardin à la française autour des douves asséchées. Alain Streichenberger, propriétaire actuel, a poursuivi cette œuvre : nouvelles perspectives, restauration de l’orangerie, parterres de roses venant adoucir la rigueur médiévale des murs. L’ensemble est inscrit aux Monuments Historiques depuis 2005.
Depuis 1890, le château est resté dans la même famille. Aujourd’hui, Ingrid et Alain Streichenberger l’entretiennent avec soin, lui apportant confort moderne et raffinement dans le respect de l’architecture d’origine. Le château propose huit chambres à la décoration soignée pouvant accueillir jusqu’à 16 personnes, ainsi qu’un cottage de 1815 entièrement rénové pour 10 personnes. Les jardins sont ouverts en visite libre tous les jours de 9h à 18h (2 €), sauf pendant les week-ends de mariages du 1er mai au 25 octobre. Des visites de l’intérieur sont disponibles sur demande pour les groupes (5 €). Le château est sur la Route Historique des Châteaux d’Auvergne.