À Villaines-la-Gonais, à la lisière du Perche sarthois, le château de Beauchamp se découvre au détour d’une allée, planté au centre d’un domaine de 27 hectares comme s’il avait toujours été là. Et pourtant, il cache un secret de construction : le château que l’on voit aujourd’hui n’est pas le premier. Un édifice plus ancien, datant du XVIe siècle, occupait les lieux bien avant lui. Son histoire débute avec les Rouillet Regnault Rouillet fait construire le corps de logis initial au début du XVIIe siècle, puis son descendant André de Rouillet commande d’importants remaniements en 1682 et 1683, faisant appel à l’architecte Garaniau et à plusieurs maîtres maçons et charpentiers locaux. Le domaine s’étoffe progressivement : chapelle, colombier, écuries, grange une véritable petite cour autour du logis principal.
La catastrophe survient au XIXe siècle : un incendie ravage presque entièrement le château originel. C’est alors la famille Richer de Beauchamp dont André Richer de Beauchamp avait déjà agrandi les communs au début du siècle qui décide de rebâtir, et de rebâtir en grand. En 1867, date encore lisible sur la façade, un nouveau château sort de terre. Mais pas question de se cantonner à un style unique : l’architecte choisi par la famille fait le choix audacieux de donner à chaque façade un caractère propre, alternant Renaissance et néogothique. Le résultat est une demeure à la personnalité affirmée, un peu fantasque, fidèle à l’esprit éclectique du Second Empire. À l’intérieur, le rez-de-chaussée conserve son décor XIXe dans un état remarquable : une vaste salle de réception flanquée d’un fumoir et d’un boudoir ces pièces de sociabilité séparée qui disent tant de la vie bourgeoise de l’époque.
Après des décennies d’histoire familiale, le château connaît aujourd’hui un nouveau souffle. Tiphaine et Christian, une famille venue de Normandie, ont fait le pari de le racheter et de le remettre en vie, aidés de leurs trois enfants. Les douze chambres des étages ont été rénovées une à une, chacune dotée de sa salle d’eau, dans le respect du style XIXe. L’orangerie, située à une centaine de mètres du château, a elle aussi été restaurée et peut accueillir jusqu’à une trentaine de personnes. Le tout sur un domaine où les chevreuils viennent paître chaque matin sous les fenêtres des salons un mur du salon se dérobe à galandage pour laisser apparaître une baie vitrée ouvrant directement sur ce spectacle.
Le château de Beauchamp est ouvert pour des séjours en chambres d’hôtes, des réceptions de mariage, des séminaires d’entreprise et des événements privés. Il se situe à environ une heure de Paris, à 37 km du Circuit du Mans et à proximité des forêts et golfs du Perche sarthois.