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Château Le Bas Bleu

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Type de lieu

Château

Époque

XIXe siècle

Région

Hauts-de-France

Adresse

1 rue du Château, 80132 Quesnoy-le-Montant

À propos

Il faut déjà s’arrêter sur le nom. Le Bas Bleu. Pas le nom d’une famille, pas celui d’un lieu-dit, pas la transcription d’un patronyme latin comme tant d’autres châteaux de France. Celui-ci vient d’Angleterre, et il dit quelque chose d’essentiel sur ce que le château est devenu. La Blue Stockings Society  les Bas Bleus était un mouvement social informel né à Londres au milieu du XVIIIe siècle : des femmes qui refusaient de consacrer leurs soirées aux cartes et aux mondanités pour se réunir autour des arts, des lettres et de l’échange intellectuel. Un cercle de l’indépendance et de l’esprit, à une époque où l’un et l’autre étaient rares pour qui portait des jupes.

 

La propriétaire actuelle, Katharina Crespo écrivaine, metteur en scène, comédienne polyglotte a baptisé son château en hommage à ce mouvement. Elle se réclame de cette lignée. Le château suit.

Le village qui le porte s’appelle Quesnoy-le-Montant. Un nom à double étymologie : le quesnoy, ce sont les chênes en picard, et le Montant dit la hauteur sur laquelle le bourg est posé. Le village est mentionné dès 1265 sous la forme Caisnoy, puis décliné sous des dizaines d’orthographes avant de se fixer sous sa forme actuelle en 1862. Il est situé dans le Ponthieu, cette ancienne province coincée entre la Picardie, la Normandie et l’Artois, qui vit passer les Anglais, les Bourguignons, les armées de Louis XI et les troupes des Cent Ans avec une régularité décourageante — et qui garde dans ses noms de lieux toutes les couches de cette histoire chahutée.

L’édifice lui-même est né comme pavillon de chasse du Duc du Bellay l’une de ces familles nobles de la région qui possédaient des relais de gibier dans les bocages et les forêts du Ponthieu, à distance raisonnable de leurs résidences principales. La construction en briques rouges et pierre de taille, sobre et robuste, est ensuite transformée et agrandie au XIXe siècle dans le style Napoléon III cette esthétique du Second Empire qui, dans les campagnes françaises, habille les demeures bourgeoises et nobles d’un vocabulaire éclectique fait de tours carrées, de fenêtres à frontons, de jardins à la française et d’allées de tilleuls centenaires. C’est dans cet état que le château arrive à Katharina en 2021 : une demeure familiale endormie, chargée d’histoire, avec ses deux hectares de parc, sa roseraie, son verger, ses anciennes écuries et étables, et ses façades en briques que le portail en fer forgé peint en bleu outre-mer profond signale désormais de loin.

La restauration qu’elle mène depuis lors ne cherche pas à effacer cette stratification, mais à la rendre habitable pour ceux qui aiment les endroits où le temps résiste. Les quatre chambres d’hôtes du château portent chacune le nom d’une femme des arts et des lettres : Anaïs, Sarah, Marina, Lou — une façon de prolonger l’esprit des Bas Bleus dans chaque porte-clé. La chambre Sarah est une allusion directe à Sarah Bernhardt, dont la liaison avec la région picarde et les plages normandes voisines est documentée. La décoration mêle papiers peints Belle Époque bleu et or, parquets en bois ciré, cheminées en marbre, baignoires art déco et meubles anciens choisis un à un. Les trois gîtes installés dans les anciennes écuries rénovées en 2023 prolongent l’offre pour les groupes et les familles.

Mais c’est peut-être le théâtre de poche et la salle de musique qui font la singularité réelle du lieu. Chaque mois, l’association La Vie de Château née en 2024 y programme un concert, une lecture, un spectacle ou une projection. Des résidences artistiques occupent le château en hors-saison, de novembre à avril, quand les chambres d’hôtes ferment et que le bâtiment se consacre entièrement à la création. Piano, textes en chantier, répétitions le château fonctionne alors comme un outil de travail autant que comme une demeure. Katharina accueille en quatre langues : le français, l’anglais, l’allemand et l’espagnol.

Autour du château, le territoire est parmi les plus beaux et les plus sous-estimés du nord de la France. La Baie de Somme, classée Grand Site de France et labellisée parmi les plus belles baies du monde, est à vingt minutes. Saint-Valery-sur-Somme, Le Crotoy, les phoques de la pointe du Hourdel, le parc ornithologique du Marquenterre, le Chemin de fer touristique à vapeur qui longe la baie, les falaises d’Ault, la forêt de Crécy, Abbeville et sa collégiale flamboyante : le château est une base de départ idéale pour une région que les Parisiens traversent en TGV depuis des décennies sans jamais s’y arrêter.

Informations pratiques

Chambres d’hôtes et gîtes ouverts d’avril à octobre. Résidences artistiques en hors-saison (novembre à avril).
4 chambres d’hôtes dans le château (2 personnes chacune) ·
3 gîtes dans les écuries (2 à 6 personnes).

Petit-déjeuner inclus · Espace bien-être : sauna et bain nordique · Planches dînatoires et dîners de fruits de mer sur réservation
Réservations et informations : chateaulebasbleu.com

Informations

Région

Hauts-de-France

Type

Château

Époque

XIXe siècle

Adresse

1 rue du Château, 80132 Quesnoy-le-Montant