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Château de Saint-Géry

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Type de lieu

Château

Époque

Médiévale (XIIIe–XVe s.), XVIIe s. (Louis XIII), XVIIIe s. (classique)

Région

Occitanie

Adresse

Saint-Géry, 81800 Rabastens

À propos

Il y a des lieux que l’histoire choisit sans lui demander son avis. Le château de Saint-Géry, à Rabastens dans le Tarn, est de ceux-là. Planté sur la rive droite d’un méandre du Tarn, sur un plateau qui domine la rive gauche et surveille le trafic fluvial depuis des siècles, il accumule les strates d’histoire comme d’autres accumulent la poussière — avec une tranquille évidence.

La première trace écrite remonte à 1229 : Jourdain de Rabastens rend hommage au comte de Toulouse, Raymond VII, pour ce château péager et place forte aux portes de la ville. En 1349, Philippe VI de Valois le confisque et le donne à Antoine de Baulat, qui entame la construction des parties les plus anciennes encore debout aujourd’hui. Une seule pierre aux armes des Rabastens témoigne du bâtiment d’origine. La tour ronde du XIVe siècle, avec ses mâchicoulis et ses meurtrières, sa petite salle voûtée d’ogives, et la tour d’angle carrée du XVe siècle, découronnée de ses créneaux mais conservant deux gargouilles sculptées, sont les gardiennes muettes de ces premiers siècles. Au XVIIe siècle, la famille de La Roque Bouillac transforme le château féodal en résidence de style Louis XIII — c’est à cette époque qu’un membre de la famille sert Richelieu comme agent et homme de confiance. Le Cardinal-ministre est reçu en 1629 et dort deux nuits au château, à l’invitation de Clément de La Roque Bouillac, qui l’incite alors à négocier la condition des protestants avec leur chef, le duc de Rohan. La chambre de Richelieu, avec son mobilier d’époque, est toujours visible.

La famille ruinée vend le domaine en 1728. Jean-Jacques de Rey, nouveau propriétaire, trouve un édifice en grand délabrement et entreprend de le relever. Son fils Clément, conseiller au Parlement de Toulouse, poursuit et amplifie le chantier à partir de 1765 : douves comblées, communs construits, façade classique du XVIIIe siècle édifiée dans la cour sur l’aile centrale doublée, terrasse agrandie vers le Tarn. C’est cette ordonnance harmonieuse de la fin du XVIIIe siècle — gardée intacte depuis 1800 — que la visite propose aujourd’hui. Mais Clément meurt guillotiné à Paris pendant la Terreur, jeté dans la fosse commune du cimetière de Picpus. Exécuté sans même qu’une sentence officielle soit prononcée, ses biens sont restitués à sa famille. Le château, miraculeusement, échappe aux pillages et destructions révolutionnaires.

Seulement trois familles en six siècles : les Baulat de Baulac, les de La Roque Bouillac, les de Rey. Ce dernier nom mène jusqu’aux O’Byrne, la famille irlandaise qui possède aujourd’hui le château — propriétaires depuis près de trois siècles. Ce sont Elisabeth O’Byrne et ses proches qui guident encore les visiteurs dans les pièces chargées de mémoire : la chambre de Richelieu, celle occupée par la reine mère d’Angleterre lors d’une visite dans le Tarn, la pièce où séjourna le président Giscard d’Estaing, les parquets foulés par Robert de Niro et Catherine Deneuve. On y visite aussi les décors intérieurs protégés aux Monuments Historiques : la salle à manger, la chambre à alcôve, la cuisine d’époque, la chapelle du XIVe siècle ornée de peintures. La visite mentionne également le passage de La Pérouse, le grand explorateur du Tarn.

Le château est ouvert à la visite les dimanches de mai à fin août à 16h, et sur rendez-vous pour les groupes toute l’année (tarif 8 €, gratuit moins de 12 ans). Le domaine de 100 hectares accueille également mariages, séminaires et événements dans l’Orangerie du XVIIIe siècle — 200 m² avec vue sur le Tarn et un parc aux arbres tricentenaires.

Informations

Région

Occitanie

Type

Château

Époque

Médiévale (XIIIe–XVe s.), XVIIe s. (Louis XIII), XVIIIe s. (classique)

Adresse

Saint-Géry, 81800 Rabastens